L’Alimentation végétarienne pour chats
Andrew Knight BSc. (Vet. Biol.), BVMS, CertAW, MRCVS
Veterinarian
Dernière mise à jour: 13 Jul. 2008
SOMMAIRE
1. Introduction
3. Évolution et adaptation à un régime carnivore
4. Les besoins du régime végétarien
5. Saveur
11. Les bienfaits du régime végétarien pour la santé
12. Conclusions
Appendice 1: un régime végétarien nutritionnellement pauvre à l'origine de malnutrition: une étude de cas
Les terribles souffrances et la mort infligées à approximativement cinquante milliards de poulets, porcs, bovins et autres animaux chaque année par l'élevage intensif à grande échelle, ce qui concerne aussi des millions de poissons sauvages ou de culture, et ce pour satisfaire le désir de certains pour la viande, ont été largement décrites, ainsi que l’ont été les effets néfastes sur l’environnement et sa détérioration provoqués par cet élevage (www.veganoutreach.org fournit une information detaillée et richement référencée quant à ce sujet).
C’est à la suite de questions éthiques soulevées par un nombre croissant de responsables d’animaux végétariens, et à cause de problèmes de santé tels que les allergies qui sont causées par l’absorption d’aliments à base de boeuf, mouton et autres ingrédients carnés, que les marques de nourriture végétarienne pour chiens et chats ont été tout d'abord développées. Cependant, l’alimentation végétarienne pour animaux demeure un sujet de controverses, controverses exacerbées par l’ignorance des problèmes nutritionnels et de santé impliqués, et ce au sein même du corps vétérinaire ou parmi les autres professionnels animaliers.
Pour aider les personnes s'occupant d'animaux,
les aide-soignants animaliers et le personnel vétérinaire qui souhaitent
enrichir leur compréhension quant à ces problèmes, les paragraphes ci-dessous
examinent les adaptations des chats au cours de l'évolution qui les ont équippés
pour un régime carnivore dans leur environnement d'origine; les besoins en
saveur, besoins nutritionnels et besoins en biodisponibilité de l'alimentation
végétarienne pour chats; la nécessité d'un contrôle de la qualité des régimes
végétariens pour chats; la prévention de l'alcalinisation urinaire, des
blocages et des infections auxquels un petit pourcentage de chats végétariens
sont prédisposés; le comportement naturel en question/pertinent des chats; et
les bienfaits pour la santé communément observés chez les chiens lorsqu'ils
optent pour une alimentation végétarienne saine et équilibrée.
Le 'chat' végétarien le plus connu en Amérique est sans doute Little Tyke (Pauvre Petite Chose), une lionne orpheline. Elevée par Georges et Margaret Westbeau dans les années 50 avec une ménagerie d'autres animaux, incluant un mouton, un daim et un cygne, qui devinrent tous ses amis, Little Tyke résista à toutes les tentatives des Westbeau de lui donner de la viande. Elle refusait même le lait auquel on avait ajouté une seule goutte de sang (Westbeau, 1986).
Les lions de l'Afrique ont des mâchoires courtes et puissantes et possèdent des crânes hautement adaptés pour tuer et pour manger des proies naturelles telles que les gnous, zèbres, gazelles, impalas et les giraffes. Rendus desespérés par les affirmations des vétérinaires que Little tyke deviendrait sérieusement malade sans viande, les Westbeau offrirent 1000 dollars de récompense à qui trouverait le moyen de lui faire manger de la viande. En attendant, ses repas consistaient d'une double poignée de graines cuites, choisies pour leur riche teneur en protéines et en calcium, graisses, et de fibres, accompagné d'un demi gallon de lait et deux oeufs. Little Tyke refusait les os, alors pour préserver la santé de ses dents et gencives, les Westbeaus lui donnèrent des bottes en caoutchouc saupoudrées de parfum, par lesquelles elle était attirée. Une botte pouvait durer presque un mois (Westbeau, 1986).
À quatre ans, cette lionne africaine adulte pesait 352 pounds (environ 160 kilos). Son corps atteignait les 3,10 mètres de longueur et elle pouvait courir jusqu'à 65 km/h. L'un des conservateurs de zoo les plus qualifiés dit que Little Tyke était le meilleur specimen de son espèce qu'il ait jamais vu. Elle ne montrait aucun signe de carences alimentaires, donc les Westbeaus arrêtèrent finalement de lui donner de la viande, et cessèrent finalement de s'inquiéter de ce que leurs vétérinaires leur avaient dit. Elle mourut finalement de pneumonie virale contractée durant le tournage éprouvant d'une émission de télévision (dans laquelle elle léchait des poussins tout juste nés et jouait avec des moutons, un chaton, et la fille de 7 ans des producteurs) menée durant une vague de chaleur (Westeau, 1986).
À ce jour, des centaines de chats d'un taille plus conventionnelle ont été nourris avec succès, certains durant de nombreuses années, d'une alimentation végétarienne. De nombreux compte-rendus sur ces chats existent sur les site webs des fournisseurs de nourriture végétarienne pour animaux et dans la rubrique 'Autres Ressources'.
Certains refuges pour animaux ont également recours à ces fournisseurs, ce qui est particulièrement intéressant, étant donné leur potentiel d'observer les effets de cette alimentation chez une population forte. Stan Petrey (1998), cofondateur et directeur exécutif du refuge pour animaux Home At Last dans le Kentucky, a expliqué la philosophie sous-jacente à leur choix d'utiliser de la nourriture végétalienne (ne contenant ni lait, ni oeufs, ni autres produits d'origine animale) pour leur population de 70-80 chiens et chats, et les effets qu'ils ont observés sur la santé des animaux:
“Un débat philosophique agite fortement les associations de sauvetage des animaux alors que certains groupes cherchent à essayer de comprendre le concept des 'no-kill shelters' (refuges qui n'euthanasient pas les animaux vieux ou malades). Les questions se focalisent habituellement sur le sort des chiens et chats abandonnés. Ce qui est souvent absent des débats sont les nombres d'animaux 'de ferme' assassinés dont on nourrit les animaux des refuges. Peut-être que la définition de 'no-kill' s'altère selon quelles espèces animales on considère de compagnie. Le sauvetage d'une espèce aux dépens d'une autre condredit notre définition de 'sanctuaire'. Utilisé de la nourriture sans cruauté est au coeur de la mission de Home At Last, une tâche difficile mais non impossible. La mise en pratique d'un régime végétalien pour les différents résidants de Home At Last a varié en fonction des espèces. Les chiens se sont adaptés de plein gré et rapidement au végétarisme... Le premier repas donné aux chiens récemment recueillis est maintenant végétalien. Les chiens manifestent tous les signes d'une bonne santé. Ils sont dynamiques et équilibrés du point de vue émotionnel. Garder la tête froide est important parce que 'nos' chiens vivent dans des environnements quasi-naturels, par petites bandes dans des enclos immenses. Certaines améliorations dramatiques de santé peuvent être attribuées à cette alimentation...Le processus de transition pour les chats consiste à mixer des croquettes de viande et de la nourriture en boîte avec de la nourriture faite maison. Après plusieurs jours à ce régime, le repas du soir est remplacé par une combinaison végétalienne de protéines végétales texturées, du supplément Vegecat, de courges, de patates douces, de levure nutritionnelle, d'huile et de bouillon de légumes... Un de 'nos' chats, McBane, a eu besoin de passer une opération car il avait les intestins encombrés et éprouvait de fréquents problèmes d'estomac avant de devenir végétarien. Les fonctions intestinales et urinaires de McBane se sont dramatiquement améliorées et le changement est encourageant; après un an de nourriture à base de plantes, il n'a jamais semblé si rayonnant de bonne santé. En fait, aucun problème lié à l'alimentation n'est apparu chez aucun des chats, dont le statut de végétarien varie de quatre mois à un an. Alors que nous allons de l'avant dans ce projet, nous pouvons répondre aux questions sceptiques avec plus d'assurance. Les sceptiques affirme que notre idéalisme rend injustement les animaux esclaves de la diétiétique. “Cela n'est pas leur nourriture naturelle” est une réplique que l'on entend souvent. Mais est-ce qu'un sac de 'rendered surprise' (friandises pour animaux) est la nourriture naturelle d'un chien ou d'un chat?...Avec un peu de chance, plus de vétérinaires vont repenser le rejet infondé d'une alimentation végétarienne pour chiens et chats. Beth Johnson, D.V.M, a récemment fait la remarque, “Les chiens et chats de Home At Last sembre être en excellente condition physique. Les chiens sont enthousiastes avec un pelage vibrant et ne montrent aucun signe de carences nutritionnelles. Les chats, qui sont gardés à l'intérieur, apparaissent également en très bonne santé et sans aucun signe de carences nutritionnelles.”
3. Évolution et adaptation à un régime carnivore
Les chiens peuvent être classés biologiquement comme omnivores, de part leur capacité à s’alimenter sur la base d’une nourriture mixte constituée à la fois d’aliments d’origine animale et d’aliments à base de plantes, tous deux présents dans leur environnement naturel. Les chats, par contre, sont classés comme ‘carnivores par obligation’, de part leur anatomie au cours de l’évolution, leur adaptation physiologique et biochimique à un style de vie carnivore, ce qui les empêche de profiter des bienfaits substantiels des plantes présentes dans leur environnement naturel. Chats et chiens sauvages consument tous deux des résidus de plantes, qui proviennent principalement de l'appareil digestif de la proie qu’ils ont mangée.
Bien que les limitations nutritionnelles des environnements naturels sont sans rapport avec les animaux nourris de viande artificielle, de plantes, de minéraux et/ou d'aliments à base synthétique -comme presque tous les chiens et chats domestiqués le sont- les adaptations évolutionnaires qui ont maximisé l'efficacité de survie des chats dans leur environnement naturel néanmoins demeure d'intérêt pour certains, et sont donc résumées ci-dessous:
La perception du goût
Les chats semblent avoir perdu les récepteurs qui permettent aux omnivores et aux végétariens d'apprécier le goût des sucres ou des acides gras à chaîne moyenne (Kirk et al., 2000), qui sont plutôt communs dans les tissus à base de plantes que dans les tissus animaux.
La dentition
Les canines et les incisives des chats sont désignées pour aggriper les proies, et pour trancher les tissus.
La dentition des chats convient moins que celle des chiens pour écraser les substances végétales, comme l'indiquent leurs prémolaires et molaires en moins, et leurs couronnes sans scissures (Kirk et al., 2000).
La longueur des intestins
Le temps de digestion supplémentaire nécessaire pour les substances végétales, et par conséquent des intestins plus longs, n'était pas requis pour les chats. C'est pourquoi leur système gastro-intestinal est plus court que ceux des chiens (Kirk et al., 2000).
Les enzymes digestifs
Les chats ont partiellement ou complètement perdu, ou échoué à développer la capacité de sécréter certains enzymes utilisés pour digérer les sucres (Kinezle, 1994) plus susceptibles d'être présents dans les plantes, et de varier la composition de leurs enzymes digestifs avec des changements alimentaires (Baker & Czarnecki-Maulden, 1991). La digestion des molécules complexes en des molécules simples est une condition sine qua none dans l'absorption intestinale. Par example:
Les chats manquent d'amylase salivaire.
L'amylase catalyse l'hydrolyse (digestion) d'amidon (un sucre complexe
utilisé par les plantes pour stocker de l'énergie) en des molecules simples
(Blood & Studdert, 1988).
Les activités de l'amylase pancréatique et
intestinale des chats correspondent à cinq et dix pour cent respectivement
de celles des chiens (Kirk et al., 2000).
Les disaccharidases du chat à la bordure de
la brosse intestinale présentent des niveaux d'activité réduits et
relativement invariables lorsqu'on les compare à ceux des chiens (Kirk et
al., 2000). Ces enzymes cassent les plus gros sucres en de plus petits.
Les chats ont des taux d'activité de glucokinase très bas et des taux de fructokianse absents (Kirk et al., 2000). Ces enzymes permettent aux animaux de tirer de l'énergie de ces sucres simples. Le fructose, en particulier, se trouve premièrement dans le miel et les fruits sucrés (Blood & Studdert, 1988). À la place, les chats tirent la plupart de leur énergie de sources de protéines.
Les besoins en protéines
Les chats ont de très gros besoins en protéines parce qu'ils comptent principalement sur les protéines pour satisfaire leur besoin d'énergie. Ils ont besoin de l'enzyme transaminase pour convertir les acides alpha-amino (des produits des la digestion des protéines) en kétoacides alpha pour la production d'énergie via le cycle biochimique de Kreb, ou pour une utilisation comme substrat gluconéogénique (permettant la création de glucose, une source d'énergie cellulaire universelle).
L'excrétion des déchets
Le cycle de l'urée convertit les déchets azotés résultant de la fission des protéines during la production d'énergie en urée soluble, prête à l'excrétion. Contrairement aux chiens et autres omnivores, les chats sont incapables de varier le niveau d'activité de leurs enzymes du cycle urinaire en réponse aux changements d'alimentation. Leur activité continue proteste contre les effets nuisibles de l'hyperammoniémie qui constituerait autrement un risque inhérent à une alimentation riche en protéines (Kirk et al., 2000).
Quelque soit la combinaison
d'ingrédients animaux, à base de plantes, de minéraux ou à base synthétique
utilisée, le régime doit être formulé pour pallier à tous les besoins gustatifs,
nutritionnels, et biodisponibles pour les espèces auxquelles il est destiné.
La fixation bien connue que font certains chats sur les marques commerciales de nourriture en boîte auxquelles ils ont été habitués est due en premier lieu à l’addition d'une ‘soupe digestive’, euphémisme utilisé par l’industrie de la viande pour nommer les entrailles de poulet partiellement dissoutes. D’après la Small Animal Clinical Nutrition (Nutrition Clinique pour Petits Animaux), “La soupe digestive constitue probablement le principal moyen employé ces dernières années dans l’amélioration du goût des croquettes pour chats, et dans un moindre degré, pour chiens” (Lewis et al., 1987). Patience et persévérance peuvent être nécessaires lorsqu’il est question de changer d’alimentation pour les chiens qui ont été exposés à long terme aux digestifs.
Les chats s'adaptent plus ou moins facilement aux changement alimentaires. Afin d'opérer la transition de certains chats envers une alimentation végétarienne, il peut se révéler d’abord nécessaire de priver l’animal de toute nourriture (ce qui n’inclut pas l’eau!) une journée durant. Cela va stimuler l’appétit du chat sans pour autant être nuisible à sa santé. Il est toujours souhaitable de changer d’alimentation graduellement, par exemple en utilisant 90% de l’ancienne nourriture et 10% de la nouvelle pour quelques jours, puis de passer à 80% et 20% pour quelques jours de plus, laissant ainsi la transition vers une nouvelle alimentation s’opérer sur plusieurs semaines, ou même plus longtemps si nécessaire. Un changement en douceur peut être mieux accepté par l’animal dans les cas difficiles, et peut également permettre une transition appropriée des enzymes digestifs (autant qu’il est possible) ainsi qu’à la flore instestinale (bactéries), diminuant ainsi les risques de réactions gastro-intestinales telles que la diarrhée.
Les gens devraient montrer de par leur comportement qu’ils considèrent la nouvelle alimentation tout aussi valable que l’ancienne (sans, si possible, alarmer ou mettre en garde le chat en en faisant toute une histoire). Ils ne devraient également pas s’inquiéter si le chat se contente d’inspecter la nourriture végétarienne au tout début; la maintenir à proximité de l’ancienne nourriture suffit à ce qu’il fasse l’association mentale requise. Mixer finement la nourriture peut également s’avérer efficace, comme peut l’être l’ajout d’additifs odoriférants (le sens de l’odorat est très développé chez les chats) et savoureux, comme la levure nutrionnelle, les huiles végétales, les feuilles de nori (algues), et la spiruline. Réchauffer doucement la nourriture peut aussi faire son effet. Tout nourriture intouchée devrait être retirée, n’offrant à l’animal que de la nourriture fraîche.
Les facteurs les plus importants chez les chats difficiles sont le changement graduel et la persévérance. En faisant montre de ces principes, les plus réticents des chats ont pu avec succès passer à une alimentation végétarienne saine. Des recettes végétariennes pour chiens peuvent être obtenues de Peden (1999) et Gillen (2003) ou consultées sur les sites des fournisseurs suivants : www.vegepet.com et www.vegancats.com ou encore www.aminews.net pour l’Europe.
Dans Chiens & Chats Végétariens (Vegetarian Dogs & Cats), Peden (1999) rapporte nombre d'histoires de chats végétariens en bonne santé qui en sont venus à adorer leurs repas. La New Zélandaise Ann Fullerton déclare de 'sa' siamoise, Melaney: “Malgré le fait que nous leur donnons seulement de la nourriture végétarienne, aucun chat ne nous a jamais délaissés pour un foyer ou le menu est plus à leur goût”.
Grayson le matou a également estimé que la saveur de la nourriture végétarienne était plus qu'acceptable: “Ses 'maîtres' le mettent dehors les nuits d'hiver car ils ont un bébé. Bien qu'il ne neige pas chez nous, les hivers ici sont toujous frisquets. Grayson n'a pas pris longtemps avant de découvrir que notre chatière est laissée en permanence entrouverte pour Ossie. Et que les chaises et les genoux près de la cheminée tiennent plus chaud que de dormir sous notre maison. Mais il est tros gros pour se glisser aisément à travers la chatière. Des coups et des cliquettements en provenance de la buanderie signalent toujours que Grayson s'amuse à se frayer un passage, une épaule massive à la fois – heureusement la porte est robuste! Son côté attachant est la manière dont il apprécie la nourriture végétarienne pour chats. Qu'est-ce que vous voulez faire d'un chat qui jappe littéralement de joie à l'idée de porridge pour chats 'vegechatisé'? - puis qui engloutit chaque bouchée, ronronnant bruyamment? Ses 'maîtres' se plaignent que Grayson a perdu son intérêt pour la viande. Nous avons donc cessé de lui donner le petit-déjeuner végétarien qu'il nous réclame poliment après la nuit passée chez nous. À la place, nous le ramenons chez lui, fermement mais avec regrets, par impartialité pour ses 'maîtres'. J'ai également cessé de lui donner du thé. Nullement intimidé, il rapplique maintenant pour un thé végétarien le matin et pour le dîner! Il a vraiment l'air de vouloir emménager avec nous, mais, éthique à part (il a vraiment un bon foyer) nous ne pourrions nous occuper proprement d'un si gros animal. Mais il demeure un visiteur très apprécié”.
Alfredo Kuba de Mountain View, Californie, a présenté l'étendue complète du caractère pointilleux des chats quand il décrit les deux chats errants mâles qu'il a secourus, Mussi (castré à 2 mois) et Tommy (castré quand il a été secouru vers 3 ans)(Kuba, 2004):
Mon expérience est que les animaux peuvent birn s'adapter à une alimentation végétalienne [entièrement végétarienne], c'est juste un problème de patience et d'expérimenter des combinaisons de saveurs jusqu'à trouver ce qu'ils aiment. Mussi appréciait cette alimentation même si cela a pris environ 5 à 6 mois à essayer des recettes végétaliennes pour qu'il se fasse graduellement à sa nouvelle alimentation. Je lui ai fait opéré la transition envers une alimentation végétalienne après qu'il soit devenu diabétique à 3 ans suite à la prise de nourriture du commerce pour animaux. Son diabète a grandement régressé et il s'est finalement éteint à l'âge de 17 ans après 14 années en bonne santé d'alimentation végétalienne. Nous venons juste de secourir et d'adopter un autre chat errant que nous avons nommé Tommy. Nous lui avons directement donné de la nourriture végétalienne Evolution pour chats et nous n'avons pas eu à le faire s'ajuster à la nourriture, il l'a aimée du début!”
Afin de préserver la santé, l'alimentation végétarienne doit être complète et équilibrée avec toutes les substances nutritives indispensables. Cela peut être accompli en donnant au chat un complément nutritionnel végétarien ou une diète commerciale complète dont l'étiquette certifie qu'elle est conforme aux critères nutritionnels déterminés par l'US Association of American Feed Control Officials (AAFCO).
Le Committee on Animal Nutrition, dans un compte-rendu à la Chambre d'Agriculture sous la responsabilité de l'US National Research Council (NRC), a développé des critères nutritionnels pour au moins 15 espèces. Historiquement, l'AAFCO a utilisé les recommandations faites par la NRC, mais en 1993 elle a commencé à publier ses propres exigences nutritionnelles élargies, qui sont maintenant largement reconnues comme la norme nutritionnelle requise pour l'alimentation animale.
Pour répondre aux critères de nutrition posés par l'AAFCO, les fabricants d'alimentation végétarienne (et, dans certains cas, d'alimentation industrielle carnée), comptent sur les sources végétales, minérales et synthétiques des substances nutritionnelles généralement dérivées de tissus animaux.
Les substances nutritives suivantes sont particulièrement importantes pour les chats qui ont une alimentation végétarienne, car elles sont rares dans les matériaux végétaux disponibles dans l'environnement naturel du chat, et proviennent naturellement des petits mammifères, oiseaux et insectes:
Les protéines
Les chats sont biochimiquement dépendants des protéines comme première source d'énergie, et ont par conséquent des besoins alimentaires en protéines très elevés.
Des 23 différents acides aminés, 11 sont considérés essentiels dans l'alimentation du chat (Gillen, 2003). On aura besoin d'un complément alternatif des éléments suivants si de la viande de qualité n'est pas procurée:
La taurine
Cet acide aminé beta contenant du soufre se trouve en petites quantités dans la matière végétale. Pour des raisons économiques, les fabricants de nourriture commerciale pour animaux ont utilisé depuis des années des sources de taurine synthétique plutôt que de taurine animale. La même source est utilisée par les fabricants de nourriture végétarienne pour animaux.
Les chats ont particulièrement besoin de taurine pour plusieurs raisons (Baker & Czarnecki-Maulden 1991, Blood & Studdert, 1988, Gray et al. 2004, National Research Council 1986, Palackal et al. 1986, Peden, 1999):
l La synthèse de la taurine se produit dans le foie à un rythme relativement lent chez les chats.
l
Contrairement aux autres espèces, les chats sont
incapables de synthétiser la taurine des acides aminés cystéine et méthionine.
l
À l'intérieur du lumen intestinal, la dégradation
microbienne participe à la perte de taurine.
l
La plupart des mammifères fabriquent des sels
biliaires (comme l'acide taurocholique) à la fois à partir de la taurine et de
la glycine, cependant les chats les chats peuvent uniquement utiliser la taurine
pour la synthèse de l'acide taurocholique.
l
Une déficience en taurine chez les
félins peut aussi donner naissance à des dysfonctions multiples des organes,
dont les conséquences ont été décrites par de nombreux chercheurs. Les
conséquence comprennent: atrophie généralisée de la rétine, des atteintes au
développement du cortex visuel et du cervelet, cardiomyopathie dilatée,
stérilité et thromboembolisme. La croissance normale, les fonctions immunitaires
et neurologiques dépendent toutes de niveaux adéquats en taurine.
Une dégénération de la rétine typique (atrophie des tiges et des cônes) chez les chats adultes ou les chatons âgés cause seulement une perte de la vue partielle, sauf cas avancés. Sans une source alimentaire de taurine, les chats peuvent manifestent des changements de la rétine après trois mois seulement. Ces changements s'amplifient dans les six mois et la cessité totale peut prendre deux ans à se développer. Si elle est traitée avec un apport en taurine à temps, la dégénération est réversible.
L'entrée de calcium dans le myocarde afin de déclencher chaque battement de coeur est régulée par la taurine. Une carence en taurine provoque la cardiomyopathie. Les chats atteints de cette maladie dégénérative survivent typiquement seulement de quelques jours à semaines après le diagnostic, et meurent d'une flacidité myocardiale et d'une capacité de pompage affaiblie.
Méthionine et Cystéine
Ces acides aminés contenant du soufre sont moins disponibles dans la matière végétale, alors que les chats en ont besoin en plus grandes quantités car ils sont grandement utilisés comme substrats gluconéogéniques (permettant la création de glucose, une source d'énergie cellulaire universelle), en plus des rôles de la cystéine dans la synthèse du cheveu et de la félinine (un acide aminé de fonction inconnue)(Blood & Studdert 1988, Zoran 2002). Les chats sont incapables de synthétiser ou de conserver la méthionine, et des carences peuvent amener à des problèmes de croissance et à des dermatites (une condition inflammatoire de la peau) (Gray et al., 2004).
L'arginine
L'arginine est présente dans la matière végétale en petites quantités, et les chats sont incapables de synthétiser ses précurseurs (=substance d'origine). L'arginine est un acide aminé essentiel dans l'alimentation pour chats dû à ses fonctions dans le cycle urinaire. Une carence peut provoquer de l'hyperammonémie et de l'encéphalopathie hépatique, des retards dans le dévelopement et une perte rapide de la masse corporelle (National Research Council, 1986).
Lysine
La lysine est nécessaire aux chats et est normalement limitée dans l'alimentation lorsque les céréales sont la seule source majeure de protéines. Cet acide aminé essentiel est important dans la formation de collagène, de fibrine et de kératine; c'est pourquoi des carences pourraient provoquer des déficits dans la peau et les tissus conjonctifs (Blood & Studdert 1988, MacDonald et al. 1984).
L'acide arachidonique
Cet acide gras essentiel se trouve principalement dans la viande. Contrairement aux chiens, les chats ne possèdent pas l'enzyme delta 6 desaturase et sont donc incapables de synthétiser l'acide arachidonique de l'acide linoléique (National Research Council, 1986). L'arachidonate est cruciale pour la biosynthèse de certaines prostaglandines, qui ont une variété de fortes activités biologiques de nature hormonale ou régulatoire. Une carence en arachidonate provoque langueurs, capacité réduite à transformer les aliments et développement insuffisant, foie hypertrophié et gras, minéralisation bénigne et infiltration graisseuse des reins, poil sec, peau squameuse et pellicules, lésions inflammatoires de la peau, suppression immunitaire et, paradoxicalement, une production de lymphocytes accrue. Les chats qui manquent d'arachidonate dans leur alimentation peuvent faire l'expérience de saignements prolongés dûs à une agrégation différée et faible des platelets. L'indicateur le plus sensible de carence en arachidonate est la stérilité chez les chattes (MacDonald et al., 1984).
La vitamine A
Contrairement aux autres espèces, les chats sont incapables de synthétiser la vitamine A (rétinol) à partir du béta-carotène dans les muqueuses intestinales; c'est pourquoi le rétinol doit être fourni pré-formé dans l'alimentation du chat (Gray et al., 2004). Des carence peuvent conduire à la cessité, des lésions dermatologiques, des infections secondaires, et des problèmes reproductifs (National Research Council, 1986).
Les huiles de foie de poisson fournirent de la vitamine A jusqu'en 1941 lorsque les ordres de guerre bannirent les bâteaux de pêche du Pacifique, et que les chimistes apprirent à la synthétiser par nécessité. Dès 1966, la production synthétique de vitamine A totalisa plus de 830 tonnes pour les États-Unis (Peden, 1999).
Les vitamines B
Les vitamines B ne sont pas conservées chez les chats (Gray et al., 2004). La cobalamine (du cobalt contenant un complexe commun à toutes les vitamines B12) est produite par les microbes et est rare chez les plantes. Des carences peuvent provoquer une croissance insuffisante et des neuropathies (Kirk et al. 2000). La production commerciale de vitamine B12 utilise l'aptitude des bactéries telles que les streptomycètes à se synthétiser.
La niacine (un complexe de vitamines B soluble dans l'eau) est moins présente dans la matière végétale, et, contrairement aux autres espèces, les chats sont incapables de synthétiser des taux importants de niacine à partir de tryptophane. Les carences se manifestent sous forme de diarrhées, d'anorexie, de perte de poids, de faiblesse et d'apathie. En sont caractéristiques une épaisse salive avec odeur très forte, ainsi que l'ulcération du palais supérieur. Les carences sont communément associées à des maladies respiratoires, qui contribuent à une mort prématurée (MacDonald 1984, Blood & Studdert 1988).
La pyridoxine (vitamine B6) est une composante des transaminases, et est exigée en quantités relativement grandes chez les chats, dû à leur phase du métabolisme des protéines plus importante (Gray et al., 2004). Les carence se manifestent sous forme de dilatations cardiaques, congestions, déterioration des nerfs périphéraux, attaques convulsives, et lésions irréversibles des reins (National Research Council, 1986; 26).
Autres
Les substances nutritives additionnelles qui doivent être fournies en proportions correctes mais qui sont d'importance moindre dans l'alimentation végétarienne pour animaux comprennent vitalité globale, carbohydrates, L-Carnitine, calcium, phosphore, magnésium, fer, cuivre, zinc, sélénium, potassium, sodium, chlorine, iode, vitamines C, D, E, thiamine (vitamine B1), riboflavine (vitamine B2), acide pantothénique, acide folique, biotine, choline, acide linoléique, et eau (Peden, 1999).
La biodisponibilité des substances nutritives (dans quelle mesure elles sont
accessibles aux tissus) est largement déterminé par leur niveau de digestibilité
en de simples molécules capables d'être absorbées à travers la muqueuse
intestinale. L'importance de la digestibilité est accrue chez les animaux comme
les chats et les chiens qui possèdent un système intestinal relativement court.
Heureusement, des études ont démontré la grande digestibilité des ingrédients
présents dans l'alimentation végétarienne des chats et des chiens.
Pencovic et Morris (1975) ont étudié la digestibilité apparente de l'amidon (ajouté à 35% de matières sèche du régime) présente dans le maïs ou dans les grains de blé. Les digestibilités apparentes de l'amidon pour les graines grossièrement moulues, finement moulues, ou grossièrement moulues et cuites étaient de: 79, 94 et 88% pour le maïs, et respectivement de 92, 97 et 96% pour le blé. Il fut donc conclut que l'amidon de maïs et de blé, surtout lorsqu'il a été finement moulu, est bien utilisé par le chat (National Research Council, 1986;6).
La digestibilité de certaines sources de protéines a été évaluée
chez le chien. Hegsted et al. (1947) ont découvert que la digestibilité
apparente des protéines dans une alimentation entièrement végétale à base de
pain blanc, de maïs, de riz, de pommes de terre, de salade verte/laitue, de
carottes, d'oignons, de tomates et de compote de pommes était de 80,0 (plus ou
moins 7,7%). James and McCay (1950) ont rapporté que la digestibilité apparente
des protéines de la nourriture commerciale de type sèche contenant à la fois des
protéines animales et végétales varie de 67 à 82% pour les chiens adultes.
Kendall et Holmes (1982) ont rapporté que les coefficients de digestibilité
apparente de la protéine crue (Nx6,25) pour la protéine de soja texturé, le
tourteau de soja extrait, la farine de soja non-écrémée et les graines de soja
complètes micronisées varient de 71 à 87%. Moore et al. (1980) ont eux
rapporté que les valeurs de digestibilité apparente des repas de graines de soja,
de maïs, de riz et de picotin/d'avoine par “mature Pointers” variait de 77 à
88%. Leurs données ont révélé que les procédés de cuisson normale
n'influençaient pas significativement la digestibilité des protéines de riz,
d'avoine ou de maïs. Leurs données indiquent également qu'une augmentation de la
teneur en graisses de l'alimentation de 10 à 20% n'altérait pas le digestibilité
du nitrogène dans une alimentation à base de maïs et de graines de soja. Burns
et al. (1982) ont (dé)montré que les digestibilités apparentes de la
lactalbumine, de la caséine, de la protéine de soja, et du gluten de blé sont de
87, 85, 78 et 77% respectivement (National Research Council, 1986;12).
Les fabricants de nourriture pour animaux sont bien conscients de la digestibilité acceptable des ingrédients à base de plantes, qui composent une grande partie des produits qu'ils commercialisent.
Deux études ont clairement mis en évidence des insuffisances nutritionnelles
dans des marques de nourriture végétarienne pour chiens et chats disponibles
dans le commerce. Kienzle et Engelhard (2001) ont trouvé que les carences
communes aux aliments végétariens pour chiens et chats en Europe comprenaient
les acides aminés contenant du soufre, de la taurine, de la vitamine D, de la
vitamine B12, de l'acide arachidonique, et des oligo-éléments. Gray et al.
(2004) ont découvert que deux marques d'aliments végétariens pour chats
américaines présentaient des carences dans la composition des acides aminés
sélectionnés, des oligos-éléments, des vitamines, et de l'acide arachidonique.
L'autre marque présentait des carences dans la teneur en protéines globale. Ces
carences se produisent contrairement aux attentes des fabricants et
contrairement à l'information nutritionnelle affichée sur les étiquettes. De
telles carences démontrent clairement la nécessité pour les fabricants
d'implémenter de bonnes procédures du contrôle de la qualité, y compris des
analyses régulières en laboratoires indépendants. Pour encourager cette
procédure, les consommateurs intéressés peuvent demander aux fabricants des
copies des résultats d'analyses nutritionnelles récentes en laboratoires
indépendants.
L'excrétion des déchets de nitrogène de la phase du métabolisme des protéines entraîne une acidité de l'urine chez les carnivores. Avec leur teneur réduite en protéines, les régimes végétariens peuvent amener une alcalinisation urinaire. L'altération du pH prédispose à la crystallisation des sels dans l'urine, qui elle-même entraîne la formation de calculs dans le système urinaire (lithiase urinaire), qui peut à son tour entraîner une obstruction urinaire partielle ou complète (pouvant être mortelle), de la dysurie (difficulté à uriner), et de l'hématurie (sang dans l'urine) (Blood & Studdert, 1988). Cela peut également conduire à des modifications de la flore bactérienne, et donc des chances accrues de contracter des infections urinaires.
Les tendances à l'alcalinisation, la lithiase urinaire, et les infections urinaires peuvent être combattues de plusieurs façons:
Diminuer la teneur en magnésium
Le calcul urinaire le plus commum (la lithiase) est de loin la struvite (magnésium-ammonium-phosphate)(Blood & Studdert, 1988). C'est pourquoi diminuer les concentrations de magnésium dans l'alimentation diminue les concentrations urinaires de magnésium, réduisant la formation de struvites. Les croquettes 'flagship' Ralston Purina contiennent 43mg/100kcalME (0,16% de magnésium sur une base de matière sèche). Ce qui est n'est rien en comparaison de Puss'N Boots Tuna, qui contient 84,g/100kcalME (0,25% de magnésium sur une base de matière sèche). Hill's Prescription Diet c/d est mieux équilibré avec 15mg/100kcalME (0,07% de magnésium sur une base de matière sèche). Vegecat Kibble Mix pour chats contient 19mg/100kcalME (0,07% de magnésium sur une base de matière sèche)(Peden, 1999).
La consommation d'eau
Les concentrations de sels urinaires peuvent aussi être réduites en augmentant le volume de l'eau bue et éliminée. De l'eau pure et fraîche devrait toujours être disponible, et l'ajout d'aliments salés ou une pincée de sel à la nourriture humide normale serviront à stimuler la soif.
Les acidifiants urinaires
Le pH normal de l'urine des chats est de 6,0-6,5, avec une struvite qui nécessite un pH de 7,0 ou plus pour se crystalliser (Gillen, 2003). L'urine peut être acidifiés de plusieurs manières.
Dans l'alimentation végétarienne pour chats peuvent être inclus: les asperges, les pois, le riz brun, l'avoine, les lentilles, les fèves, le maïs, les choux de Bruxelles, l'ansérine (cette plante est aussi connue sous le nom de Chenopodium album ou patte-d’oie), la plupart des noix (exceptées les amandes et les noix de coco and macadamia nuts), les céréales (hormis le millet), et le gluten de blé (utilisé dans les recettes de granulés). Tous sont des acidifiants urinaires (Peden, 1999).
Les vitamines ont également des vertus bénéfiques. La vitamine C (acide ascorbique) est un acidifiant urinaire. On peut piler des cachets ou utiliser de l'acide ascorbique en poudre. La BSAVA (British Small Animal Veterinary Association) Small Animal Formulary (manuel des médicaments) recommande un dosage de 50-80 mg/kg toutes les 24 heures pour les chats et les chiens (Tennant, 2003). Le tampon du pH néglige leur efficacité, c'est pourquoi de la vitamine C non buffered devrait être utilisée. Si d'autres acidifiants urinaires sont aussi utilisés, alors les les doses peuvent être diminuées.
La méthionine est particulièrement efficace dans la prévention de la formation des struvites. La méthionine est métabolisée en de l'acide sulfurique qui est un puissant acidifiant urinaire. De plus, le sulfate déplace le phosphate en dehors du complexe de magnésium-ammonium-phosphate, empêchant la formation des struvites. La BSAVA Small Animal Formulary recommande un dosage de 200 – 1000 mg par chien toutes les 8 heures (Tennant, 2003). Le dosage devrait être ajusté afin de maintenir un pH d'urine de ou inférieur à 6,5. Des taux trop élevés de méthionine peuvent entraîner des acidoses métaboliques qui cause une perte de calcium osseux et des déséquilibres de l'électrolyte (Peden, 2003). La méthionine ne devrait pas être utilisée chez les jeunes animaux ou chez les animaux atteints de maladie des reins ou du foie sévère (Tennant, 2003).
Le bisulfate de sodium est un acidifiant urinaire particulièrement puissant; il est ajouté dans certains compléments nutritionnels végétariens pour animaux (Peden, 2004). Le chlorure d'ammonium est également un acidifiant urinaire particulièrement puissant, mais il diminue la saveur. Dans son “formulaire (vétérinaire) de consultation des médicaments de 5 minutes”, Papich (2004) recommande un dosage de 100 mg/kg toutes les 12 heures.
La prévention
Based on his experiences with thousands of vegan cats Gillen (2003) states that 85-90 % of vegetarian cats do not require attention to dietary content; however, for the remaining 10-15%, urinary pH and dietary magnesium concentrations require monitoring. Given that the consequences of urolithiasis can be fatal blockage of the urinary system, particularly for males, to ensure safety, urinary pH levels of both males and females should be checked in the beginning, and at least fortnightly during transition to a vegetarian diet, and every 3 months thereafter, for life - even once diet and pH levels appear to have stabilized. Levels should be checked more frequently during any dietary, environmental or other changes with the potential to result in destabilization. Urine can be collected from cats using non-absorbent plastic cat litter available from veterinarians. pH test strips are also available from veterinarians, although pH meters provide the most accurate results. pH-indicating cat litter is also available, that changes color when exposed to alkaline urine (see Suppliers). However, this should only be used to supplement more accurate monitoring.
Gillen (2003) décrit les trois étapes, par ordre croissant de
grandeur, qui peuvent être prises pour rectifier l'alcalinisation urinaire, si
détectée:
1. Dans les cas mineurs, il précise qu'un apport en enzymes comprenant de la méthionine, de la vitamine C, et/ou de l'extrait de baies peut suffire. Ces ingrédients limitent à la fois l'alcalinisation urinaire et les inflammations. Ils aident aussi à la digestion, et peuvent contribuer à une hausse de la vitalité.
2.
Dans les cas modérés, Gillen déclare que la prise
de compléments nutritionnels végétariens avec du bisulfate de sodium peuvent
suffire.
3.
Dans les cas graves, Gillen recommande les cachets
de méthionine.
Des opposants affirment que l'alimentation végétarienne viole les
droits des chats d'exprimer leur comportement alimentaire naturel, prétendant
que les nourritures carnées du commerce se rapprochent plus du comportement
naturel du chat. Cette affirmation a définitivement besoin d'être passée au
crible.
Le comportement naturel de chasseur des chats était dirigé envers une variété de petits mammifères, d'oiseaux et de gros insectes présents dans son environnement. Tuer amenait à se gaver du plus grand nombre de carcasses possibles afin d'empêcher leur consommation par leurs rivaux. Advenaient ensuite des périodes de faim d'une durée incertaine.
Les habitudes alimentaires des chats domestiqués normaux sont très éloignées de ces habitudes naturelles. Les chats que l'on nourrit de d'alimentation carnée du commerce reçoivent typiquement de la nourriture en boîte à des heures régulières une ou deux fois par jour, avec des croquettes sèches étant disponibles ad libitum (tout le temps). L'alimentation carnée du commerce contient des abats variés d'animaux, des déchets d'abattoirs, de la viande 4M (viande d’animaux morts, malades, mourants, malades ou mal en point), des rejets de supermarchés, de la mousse de polystyrène, un grand nombre de chiens et chats morts aux centres animaliers, contenant des niveaux détectables de solution euthanasiante, des corps gras usagés de restaurants, avec une haute concentration en dangereux radicaux libres et acides gras trans; des bactéries pathogènes, protozoaires, champignons, virus et prions, ainsi que les endotoxines et mycotoxines qui leur sont associés; des résidus d’hormones et d’antibiotiques; et de dangereux conservateurs (Knight, 2004).
Comme le vétérinaire Dr. David Jagger le dit dans la Vegepet
Gazette, l'alimentation carnée du commerce implique:
“1) domestiquer les chats et les empêcher de chasser leur propre nourriture;
2) 2) tuer littéralement des millions de poulets, de bétail, de moutons, de chevaux, de poissons, etc., afin de nourrir les animaux domestiqués. Il est difficile de comprendre comment les chats ont le droit de manger la chair d'animaux comme ceux listés ci-dessus, alors que cette chair ne ferait jamais partie de l'alimentation d'un chat farouche ou sauvage. De plus, comme la chair a souvent été jugée impropre à la consommation humaine ou contaminée, en nourrir délibéremment 'ses' chats met leur santé à risque et est plus proche de la violation des droits des chats que de sa favorisation.”
On offre fréquemment des aliments à base de poisson, malgré leur taux élevé en PCBs, métaux lourds et autres toxines (Knight, 2004), et ce en dépit du fait que le poisson n'est pas une proie animale naturelle pour les chats. Comme Gillen (2003) le déclare pertinemment: “Essayez cette expérience: faite sauter le déjeuner à votre chat un matin et emmenez le/la à la plage à la place. Entraîné par la faim, quels instincts naturels vont venir se mettre en jeu? Quelles sont les chances que 'votre' chat aille faire un plouf dans l'eau, nage environ 50 miles (soit environ 80km) vers les eaux profondes de l'océan, et là engage un combat sous-marin à mort avec un animal de 1200 pounds (soit environ 550 kg, un thon adulte pouvant être aussi gros qu'un cheval) pour satisfaire l'alimentation pour chats naturelle qu'est le thon? L'idée que le poisson est une nourriture naturelle pour les chats est absurde.”
On offre également souvent des écuelles de lait, malgré l'intolérance au lactose d'une proportion importante des chats. À part les goélands et les pétrels, qui boivent le lait des éléphants de mer, et les humains, qui boivent le lait de vache et de chèvre, les animaux adultes qui buvent du lait, plus ou moins d'une autre espèce, est un phénomène virtuellement inconnu dans la nature, est certainement inconnu pour les chats. La délectation évidente de beaucoup de chats quant au lait de vache, poisson et croquettes à base de viande, alimentation en boîte du commerce, alimentation végétarienne et autres denrées alimentaires qui ne leur sont pas disponibles naturellement dans la nature, n'est pas plus une observation du comportement alimentaire naturel que celle d'un enfant qui se délecte de bonbons, et, dans certains cas, n'est pas plus sain.
En fait, les chats préfèrent les marques commerciales de nourriture pour chats non parce qu'ils les perçoivent comme 'naturelles', mais parce qu'ils ont été conditionnés aux additifs tels que les 'digestifs' - euphémisme de l'industrie désignant les poulets partiellement dissouts et autres entrailles- et les apprécient. D’après la Small Animal Clinical Nutrition, “La soupe digestive constitue probablement le principal moyen employé ces dernières années dans l’amélioration du goût des croquettes pour chats, et dans un moindre degré, pour chiens” (Lewis et al., 1987). En fait, ces digestifs sont si efficaces que leur accoutumance peut, à long terme, résulter en symptômes comportementaux de dépendance, nécessitant une patience considérable et de la persévérance lors de la mise en place de changements alimentaires.
Les personnes s'occupant d' animaux sont souvent induis en erreur quant aux effets insidieux des digestifs. Bien que les digestifs soient d'ordinaire seulement autolysés, on considère que certaines entrailles de poulets, certains lots ont plus le goût de boeuf, poisson, dinde, etc., que d'autres. C'est le type de digestif ajouté, plutôt que la contenance en viande, qui détermine la désignation de la saveur sur l'étiquette. Indistinctement, des entrailles partiellement dissoutes à 'saveur de boeuf ' peuvent être étiquetées 'ragoût de bœuf', alors que la substitution de digestifs 'saveur poisson' va transformer une boîte en 'hareng de l'océan'.
Ceux qui s'opposent à l'alimentation végétarienne pour chats sous prétexte qu'elle est 'non-naturelle' font généralement montre d'une singulière contradiction. Ils sont généralement satisfaits de mettre une micropuce à 'leur' chat, de le vacciner, de le vermifuger, de le stériliser, de lui donner de la chaleur, un abri, de la nourriture et de l'eau régulièrement, actes dont pas un seul n'est naturel. Comme Dick Gregory l'énonce dans sa relation aux chiens, “il semble n'être jamais venu à l'esprit du 'propriétaire' que le chien préfèrerait faire pipi sur la moquette, et préfèrerait probablement ne pas avoir à faire la roulade et le mort! Les 'propriétaires' de chiens ne pensent rien (de mal) de retenir le chien de faire ses besoins à l'intérieur, ou de l'entraîner à effectuer des tours ou à attaquer les visiteurs; en bref, de faire des choses pour le bien du propriétaire. Mais le même maître rejette le changement d'alimentation pour le bien de 'son' animal, et désapprouve de l'entraîner à manger cette nourriture!" (Peden, 1999). Les standards doubles manifestés par les gens qui s'occupent autrement bien de 'leur' animal prend peut-être racine dans un besoin personnel profond de justifier la souffrance et la mort impliquées dans les choix alimentaires passés et présents pour eux-mêmes et pour 'leurs' animaux.
Sans se soucier de si oui ou non l'alimentation carnée du commerce est naturelle pour les chats, élever des poulets, cochons, moutons ou veaux dans des conditions de confinement intensives ou extensives, procéder à des mutilations chirurgicales sans anésthésie ou analgésique durant le cours normal de l'élevage et ensuite de les tuer à un jeune âge dans l'environnement effrayant que sont les abattoirs modernes, est difficilement respectueux de ce qui est naturel pour eux. Ces facteurs sont incontestablement d'un poids éthique bien plus grand qu'aucune gêne un chat peut ressentir ou ne pas ressentir lors de la transition envers un régime végétarien.
11. Les bienfaits pour la santé de l'alimentation végétarienne
De nombreux 'propriétaires' de chiens végétariens très satisfaits ont rapporté leurs expériences dans le livre de Peden (1999) Vegetarian Cats & Dogs (Chiens & chats végétariens). Les bienfaits pour la santé rapporté comprennent diminution des ectoparasites (puces, tiques, poux et acariens), plus beau poil, contrôle des allergies, contrôle du poids, arthrite réduite, régression du diabète, vitalité accrue, et amélioration des odeurs de toilette.
Ectoparasites et condition du poil
Carol Arens de l'Arkansas rapporte que 'ses' chats semblent avoir moins d'ectoparasites après l'utilisation d'une recette aux céréales et soja et du complément Vegecat. Elle déclare que “...la levure de la recette semble agir comme répulsif sur les puces et les tiques, qui ne posent plus de problème malgré le fait qu'ils vivent dans cette région. Qui plus est, Rudy semble réellement apprécier et anticiper anxieusement le goût de ses repas.” (Peden, 1999).
Le Wall Street Journal rapporte les expériences de Mary Currier, du New Hampshire, qui offre un abri à 13 chats et 3 chiens. Elle déclare: “leur pelage est tellement plus doux. Il est tellement plus brillant. Cela sonne comme de la pub(licité), mais je ne peux pas y croire, j'entends par là qu'ils se portent tellement mieux qu'avant. ... Si vous pouviez seulement voir ces animaux et toucher la texture de leur poil. Je pense que vous devriez mentionner cela car c'est très important. Ils ne perdents plus leurs poils comme avant. Il est plus épais! C'est l'été maintenant, et les chats sont dans la maison. C'est incroyable. Je n'en dirai jamais assez et en parle à tout le monde. Je suis si reconnaissante.” (Hwang, 1993).
Particulièrement touchante est l'histoire de Fletcher, raccontée par Jennifer Friedman de l'Oregon: “[Nous avons trouvé] Fletcher il y a un an dans le métro de New York City. Il vivait dans un petit local couvert de crasse. Deux garçons sans-abri, pouvant à peine s'occuper d'eux-mêmes, le nourrissait de ce qu'ils pouvaient de temps à autre. Quand Ben leur a acheté Fletcher pour 20 dollars, il ne semblait pas qu'il puisse s'en sortir. Il était visiblement déshydraté et malnourri. Il avait de grandes difficultés à marcher; il semblait que les muscles de ses jambes s'étaient atrophiés en vivant dans le local. Sa tête était énorme pour son petit corps bouffi et sa fourrure était sèche et emmêlée. Il était infesté de puces, mites, vers intestinaux, et des mycoses gagnaient différentes parties de son corps. Il avait également de sérieux problèmes de comportement, comme l'on s'y attend dans pareils cas, et il avait tendance à attaquer plutôt vicieusement lorsque quelque chose lui faisait peur. Il était dans un tel état que c'en était touchant, mais j'avais peur qu'un vétérinaire n'insiste pour le piquer. Nous avons donc décider de faire de notre mieux par nous-mêmes. Savoir par où commencer s'avéra le plus difficile. Nous lui avons fait prendre un bain, nettoyé ses oreilles, à l'aide de différentes herbes médicinales pour traiter les mites et les mycoses (l'huile de thé est excellente pour ce débarrasser des mycoses). Nous avons fait très attention à lui et en avons pris grand soin afin de ne pas l'effrayer. Nous avons mis en garder les visiteurs de ne pas le caresser (nous vivions dans un deux-pièces tout petit et ne pouvions pas vraiment l'isoler), mais peu de monde souhaitait nous rendre visite; ils pensaient tous que nous étions fous! Seulement deux mois auparavant, j'avais commencé à nourrir mes' deux autres chats d'alimentation végétarienne. Fletcher fit donc ma connaissance avecla nourriture préférée de mes chats à l'époque - des pois-chiche écrasés et du riz brun mélangés avec de l'huile, du Végéchat, et des tonnes de levure nutritionnelle. Nous l'avons également encouragé à boire beaucoup; il aimait particulièrement le lait de soja (c'est toujours sa boisson préférée aujourd'hui), et à manger beaucoup de vitamine E liquide afin d'aider sa peau à se reconstruire. Inutile de dire qu'il fut de loin le converti le plus facilement à une alimentation végétarienne (j'ai converti quatre autre chats à ce jour). Il mange toujours sa nourriture avec appétit et maintient un poids idéal. Deux mois après avoir recueilli Fletcher dans le métro, nous avons déménagé à San Francisco. Afin de l'emmener avec nous dans l'avion, il a fallu lui procurer un certificat de santé. Nous l'avons emmené voir un vétérinaire holistique. Après avoir examiné Fletcher, le vétérinaire a fait des commentaires à son sujet, quel beau chat en bonne santé il était et quel merveilleux tempérament il avait. J'ai ri et je lui ai raconté dans quel état nous l'avions trouvé seulement deux mois plus tôt. Le vétérinaire en était bouche bée.” (Peden, 1999).
Le contrôle des allergies
La prévalence des allergies chez les animaux de compagnie est à la hausse, ce phénomène étant peut-être amplifié par la prolifération dans les nourritures carnées commerciales pour animaux de colorants artificiels, d'assaisonnements, de conservateurs (en particulier l'éthoxyquine), de stabilisants et de produits dénaturés des abattoirs. Comme le déclare le docteur vétérinaire et expert des allergies Alfred Plechner, les produits d'origine animale provoquent la plupart des réactions allergiques, le boeuf étant à placer en haut de la liste pour les chiens et les chats. Changer pour une autre nourriture carnée de type commercial ne résout généralement pas le problème, parce que les ingrédients utilisés seront similaires (Plechner & Zucker, 1986). Par conséquent, plusieurs régimes sans viande d'Hills Canine Prescription Diets (k/d, u/d sec, d/d sec, et s/d sec) ont été formulés pour répondre aux allergies et aux conditions médicales dégénératives.
Les irritations sont le signe le plus commun d'allergie à la nourriture chez les animaux de compagnie, quoique des vomissements, de la toux ou une respiration sifflante peuvent aussi être présents.
La canadienne Valérie Cline nous raconte son histoire avec Barney: “je suis fière de partager ma maison avec cinq chats, dont un s'appelle Barney. Barney a souffert d'allergies depuis que je l'ai accueilli chez moi et ces allergies sont sévères. Beaucoups de vétérinaires m'ont dit qu'il avait des allergies alimentaires, alors j'ai essayé de changer d'aliments, mais rien n'y a fait, même pas les recettes à l'agneau et au riz. La cortisone était le 'remède' miracle qui m'était présenté à chaque fois que je le l'emmenais chez le vétérinaire et sans elle sa tête toute entière serait devenue rouge, enflée et irritée. Barney se grattait jusqu'à ce que tout son poil soit parti et il perdait du sang. Ses oreilles étaient encombrées de ces foutues croûtes et un épanchement saignant suintait de ses yeux qui étaient gonflés au point de se fermer et il commençait à respirer bruyamment. De la cortisone a été prescrite à Barney pendant deux ans jusqu'à ce qu'il devienne diabétique. A chaque fois j'ai demandé désespéremment une (solution) alternative aux vétérinaires, à savoir une alimentation que je pourrais préparer à la maison, mais l'on m'a dit que la cortisone était un traitement courant pour les allergies félines et qu'il était si gravement malade que la cortisone était la option pour lui. Barney avait alors besoin de plusieurs injections par jour. Il fit des chocs d'insuline deux fois jusqu'à ce que le dosage soit régulé. On m'a dit que Barney resterait diabétique et dépendant à l'insuline à vie. C'est seulement à ce moment (là) qu'il fut prescrit un 'régime hypoallergénique' recommendé par mon vétérinaire. Il était toujours allergique, mais non plus sévèrement. La nourriture me coûtait 50 dollars par mois et il a fallu le garder isolé de tous les autres chats parce qu'ils mangeaient une alimentation différente et qu'un bouchée de Science Diet et Barney se retrouverait mal sans la sécurité d'une injection de cortisone en dépannage rapide. Ensuite j'ai trouvé votre produit et en l'espace d'un mois Barney n'a plus eu besoin d'insuline et se trouvait en meilleure santé que je ne l'avais jamais vu. Cela fait maintenant quatre mois depuis qu'il a commencé à manger du Vegecat et il n'est plus diabétique. Ses oreilles et see yeux sont désencombrés et il se porte à merveille!” (Peden, 1999).
Les maladies urogénitales
La canadienne Gwyn Watson décrit les effets bénéfiques d'une alimentation végétarienne sur 'Layla': "mon chat Layla a eu une infection chronique de la vessie. Le vétérinaire l'a mise sous traitement trois à quatre fois par an durant les quatre dernières années. Lorsqu'elle n'était pas sous traitement j'ai réussi à garder la situation à peu près sous contrôle à l'aide de la vitamine C liquide. Chaque situation stressante (ex. un déménagement) causait une crise soudaine. Depuis qu'elle prend du Vegecat elle n'a plus jamais eu de mal. Je n'ai même pas eu à lui donner de vitamine C. Nous lui préparons la recette aux céréales et soja et nous y ajoutons des des carottes coupées en morceaux et des choux de Bruxelles. Je trouve aussi que j'ai peu de mal à les faire s'habituer à cette nouvelle alimentation”. (Peden, 1999).
Contrôle du poids et de l'arthrite
L'obésité est un problème important et grandissant chez les chats domestiques. Les problèmes de santé potentiellement sérieux associés à l'obésité comprennent une fonction cardiaque affaiblie et des désordres respiratoires. Comme le déclare le docteur vétérinaire Gregory MacEwen (1989), “l'obésité peut être un des facteurs majeurs influant sur l'espérance de vie d'un animal”. Les protéines et niveaux de gras réduits, ainsi que l'augmentation des fibres de l'alimentation végétarienne, tous agissent dans la stabilisation d'un poids sain.
L'obésité prédispose également à l'arthrite. Le docteur
vétérinaire Michael Lemmon (1991) tient aussi les radicaux libres pour
responsables. Il précise: “Les radicaux libres sont
formés durant le métabolisme cellulaire normal, lorsque les cellules laissent
entrer les substances nutritives, assimilent et utilisent ces substances
nutritives, et rejettent ensuite les déchets produits. Certains de ces déchets
sont des radicaux libres. Là où vous trouvez de la nourriture consommable de
qualité moindre, vous trouvez aussi des radicaux libres en excès. Les graisses
rances et les graines moisies sont deux causes principales de production de
radicaux libres chez les animaux. [...]Les graisses constituent un ingrédient
essentiel dans toute alimentation. Beaucoup de fabricants de nourriture
industrielle pour animaux ont des diffultés à contrôler la rancidité des
graisses ajoutées à la nourriture qu'ils produisent. Ils utilisent vainement des
produits chimiques afin d'essayer de remédier à cette rancidité. Les céréales
américaines sont très souvent contaminées par la moisissure à divers degrés. Les
fabricants de nourriture pour animaux, et ce pour des raisons économiques, ont
généralement recours à des produits dont le grain est de qualité moindre pour
l'alimentation. De nombreux cas d'arthrite vont réagir avec efficacité et
rapidité aux substances nutritives antioxydantes telles que la vitamine C, la
vitamine E, le Béta-carotène et le sélénium. La combinaison d'enzymes de la
superoxyde dysmutase (S.O.D.) et de la catalase forme un autre antioxydant
puissant”.
Régression du diabète
Un excès de poids, que l'on recontre plus souvent avec l'alimentation carnée, prédispose à l'obésité, et faire la transition envers une alimentation végétarienne peut entraîner une régression du diabète. Alfredo Kuba de Mountain View, Californie, a décrit une régression impressionante du diabète chez le chat mâle errant Mussi qu'il avait secouru (castré à l'âge de 2 mois) après qu'il eut opéré la transition envers une alimentation végétarienne (Kuba, 2004):
“Cela fait plus de 14 que je nourris mes chats de nourriture végétalienne. Je peux vous dire que mon expérience a été pour le moins phénoménale. 'Mon' chat Mussi qui est mort en Décembre dernier avait 17 ans. Ma femme et moi l'avions recueilli seulement âgé de quelques semaines, abandonné. Avant qu'il ne devienne végétalien, nous avions l'habitude de lui donner de l'alimentation pour animaux normale du commerce et il est devenu malade du diabète juste à l'âge de 3 ans. Nous avons alors décidé de changer son alimentation. J'ai effectué quelques recherches et j'ai commencé à le nourrir avec du Vegecat de Harbingers of a New Age. Il a apprécié cette alimentation même si il a fallu de la patience pour qu'il se fasse graduellement à sa nouvelle alimentation, environ 5 à 6 mois pour être exact.
J'ai remarqué qu'à partir du moment où il a mangé végétalien à 100% son diabète a commencé à régresser. Mussi prenait 14 doses d'insuline par jour, 7 doses deux fois par jour pour normaliser son taux de sucre dans le sang avant de devenir végétalien. Après avoir opté pour une alimentation végétalienne, il a rapidement réduit ses doses d'insuline à seulement 2 doses par jour, et parfois des jours voire des semaines ont passés sans qu'il n'ait à en prendre.
Le diabète de Mussi avait été diagnostiqué par mon vétérinaire, ainsi que sa régression. J'ai aussi fait vérifier son taux de sucre dans le sang une fois par semaine ou bien lorsqu'il montrait des symptômes de soif ou qu'il urinait excessivement. Son diabète a commencé à régresser quand il a démarré son régime végétalien et cela a pris près de 6 à 8 mois pour que le dosage d'insuline passe de 14 doses par jour à seulement 2 par jour. Parfois, nous avons noté que trop d'insuline lui donnait des crises même avec seulement 2 doses par jour donc nous lui avons fait passer un test sanguin et pendant des semaines ou des mois il n'a eu besoin d'insuline à aucun moment, bien qu'il en soit resté dépendant depuis qu'il a eu son diabète.
Ça a été une amélioration dramatique et très surprenante. Nous venons juste de secourir et d'adopter un autre chat errant que nous avons nommé Tommy. Nous lui avons directement donné de la nourriture végétalienne Evolution pour chats et nous n'avons pas eu à le faire s'ajuster à la nourriture, il l'a aimée du début!”
Une amélioration de la vitalité
Peden (1999) suggère que l'amélioration de la vitalité observée chez certains chats après avoir fait la transition vers une alimentation végétarienne est peut-être due à la préservation de l'énergie utilisée précédemment dans la production et l'excrétion des déchets animaux, tels que l'urée, la créatinine, le phénol, les sulfates et les phosphates que l'on rencontre bien moins dans l'alimentation végétarienne.
La Nouvelle-Zélandaise Ann Fullerton décrite les effets sur 'sa' siamoise, Melaney: “La bonne nouvelle est l'excellent effet qu'a eu Vegecat sur Melaney, 'notre' belle chatte siamoise. Melaney a 10 ans, et reste très active pour son âge. Mais après deux ou trois semaines du complément Vegecat, elle courait littéralement dans tous les sens et se comportait comme un chaton espiègle. C'était merveilleux de la voir retourner à son ancien soi. Ossie, notre chinchilla en a aussi profité. ...Est-ce que je vous ai jamais dit que Melaney avait gagné deux premiers prix au concours de chats local depuis ces changements. Hélas, son prix comprenait une boîte d'horrible vieille gélée de viande en compliments!” (Peden, 1999).
Les mauvaises odeurs
Peden (1999) relate des récits d'amélioration des mauvaises odeurs des animaux ayant opté pour une alimentation végétarienne.
Les laminaires (algues marines)
On utilise parfois des laminaires dans l'alimentation végétarienne pour animaux, qui proviennent d'usines des États-Unis, de Nova Scotia (Canada), d'Eire (Irlande), de France, du Danemark, des Pays-Pas, de la Norvège, et de l'Afrique du Sud. Ascophyllum nodosum (ou goémon noir) est la variété la plus communément utilisée. Le tourteau provenant des laminaires est sensé posséder les mêmes valeurs nutritives que l'avoine, et on prétend qu'il prévient ou guérit les maladies liées aux carences en minéraux, et qu'il produit “un lait, des oeufs, de la viande et un pelage meilleurs” dans la 'production' des animaux (Thorvin, Inc., undated).
Les laminaires semblent être bénéfiques pour la solidité des os. Comme déclaré par Zorn (1974) dans Seaweed and Vitality, “Des études ont été faites sur le calcium dans le sang, le phosphore, le fer, et les iodes des patients avec des fractures à différents intervalles durant leur convalescence. Le professeur Cavanaugh a appris que le temps de guérison pour les fractures était réduit de 20% lorsqu'on administrait une ration journalière d'algues marine au patient. Par conséquent, l'étude indiquait clairement que les laminaires élèvent le(s) taux de calcium dans le sang”.
Les risques pour la santé des chiens et chats (et, bien sûr, des animaux d’abattoirs) qui sont inhérents aux régimes carnés que l’on trouve dans le commerce sont répandus et difficiles à éviter (Knight, 2005). De plus, un nombre croissant de consommateurs avertis refusent de prêter un support financier aux souffrances et à la mort sous-jacents à l'industrie de la viande, et aux effets néfastes sur l'environnement provoqués par cette indutrie (www.veganoutreach.org fournit une information detaillée et richement référencée quant à ce sujet). C'est pourquoi de plus en plus de gens explorent les alternatives végétariennes.
Quelque soit la combinaison des ingrédients utilisés (d'origine animale, végétale, minérale ou synthétique), le régime doit être formulé pour répondre à tous les besoins gustatifs, nutritionnels et biodisponibles des espèces auxquel il est destiné. En dépit des préjugés très répandus qui pèsent sur la nourriture végétarienne pour animaux, scepticisme présent même chez les vétérinaires (souvent mal-informés) et autres professionnels animaliers, il n’existe pas de preuve scientifique démontrant qu’un régime essentiellement composé de plantes, minéraux et aliments à base synthétique ne peut être formulé pour pallier à ces besoins. En fait, plusieurs régimes végétaliens (sans produits d’origine animale) que l’on trouve dans le commerce défendent ce principe, et ont conjointement maintenu des milliers de chiens, chats et furets (par nature également carnivores) en bonne santé et cela depuis de nombreuses années (Weisman, 2004). Quelque soit les ingrédient utilisés, cependant, des réglementations relatives au contrôle de qualité des aliments, et donc analyses nutritionnelles régulières en laboratoire, devraient être mises en application, afin de s’assurer que les produits sont en règle avec les normes en vigueur.
L'utilisation appropriée d'un complément nutritionnel complet et équilibrés est indispensable s'il l'on veut préserver la santé des animaux de compagnie végétariens. Un test régulier de pH d’urine est également important car il permet de détecter l’alcanisation urinaire, avec ses conséquences potentielles sur les calculs urinaires, systites et infections, qui peuvent provenir des régimes végétariens chez une petite minorité de chats.
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Après avoir étudié attentivement la littérature biomédicale, je peux confirmer qu'une étude démontrant de malnutrition existe en effet chez les chats nourris d'alimentation végétarienne, à savoir la myopathie multiple hypokaliémique. Cependant, l'on savait que l'alimentation était nutritionnellement inadéquate avant même d'entreprendre l'étude. La prévisibilité des résultats dans un cas pareil soulève la question de savoir si l'étude n'a pas été conduite pour des raisons politiques, plutôt que dans le but de répondre à des questions scientifiques sincères à propos de la viabilité des alimentations végétariennes. Un résumé de l'étude est donné ci-dessous.
J'ai été pas réussi à repérer d'autre étude démontrant de cas de malnutrition chez les chats ou chiens suivant des régimes végétariens. Contrairement à la croyance populaire que l'alimentation végétarienne est forcément nocive pour les animaux de compagnie, il n'existe pas d'étude utilisant une alimentation végétarienne nutrionnellement équilibrée et complète qui en démontre.
Leon A, Bain SA, Levick WR. Hypokalaemic episodic polymyopathy in cats fed a vegetarian diet. Aust Vet J. 1992 Oct;69(10):249-54.
John Curtin School of Medical Research, Australian National University, Canberra.
Une condition d'hypokaliémie de nature cyclique auparavant non documentée, comprenant des accès de myopathie multiple aiguë suivie par des guérisons spontanées, est décrite chez le chat. Les chats nourris d'alimentation végétarienne riche en protéines ont developpé des épisodes récurrents de myopathie multiple, caractérisée par une ventrofléxion de la tête et de la nuque, une démarche antérieure raide, un repos de la tête latéral et une faiblesse généralisée des muscles. Les concentrations de potassium dans le plasma (en moyenne +/-écart d'avec les mesures standard) ont été réduites de 3,28 +/- 0,33 mmol/l au début de l'expériences à 2,45 +/- 0,24 mmol/l durant les accès de myopathie. Cette hypokaliémie était associée à des activites accrues de créatine kinase qui sont le signe de lésion du muscle et de concentrations réduites de potassium dans l'urine, qui était causés par une insuffisance de potassium dans l'alimentation. Les chats nourris de la même alimentation avec un complément en potassium n'ont pas développé de myopathie multiple hypokaliémique. La guérison spontanée des chats affectés n'était pas systématiquement associée avec les augmentations de concentrations de potassium dans le plasma. Les concentrations de taurine dans le plasma ont diminué et l'acide glutamique a nettement augmenté chez tous les chats nourris de l'alimentation mise à l'essai. Il n'a pas été prouvé que la carence en thiamine était associée avec la prise d'acide glutamique élevée. Les vétérinaires devraient être conscients que les chat hypokaliémiques, et en particulier ceux qui ont une alimentation pauvre en potassium, peuvent afficher la maladie de manière cyclique avec des épisodes de myopathie multiple récurrents après des périodes de guérison clinique spontanée. Cette condition chez les chats peut constituer un modèle animal utile dans (l'étude de) la paralysie hypokaliémique périodique familiale chez les humains.
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Une étude de Gray et al. illustre bien de la nécessité d'un bon contrôle de qualité durant la production. Deux nourritures végétaliennes pour chats disponibles dans le commerce ont été soumises à des analyses nutritionnelles en aveugle par les laboratoires Woodson-Tenent. L'alimentation A (Vegecat KibbleMix) a été préparée suivant les instructions de la compagnie avec de l'huile végétale, de la farine, de la purée de tomates, et le complément alimentaire en poudre fourni pour chats adultes. L'alimentation B (Evolution Diet en boîte pour chats adultes) était prête à l'emploi.
Les résultats de laboratoire ont été comparés aux Profiles en Substances Nutritives fixés par l'AAFCO (Association Américaine des Agents du Contrôle Alimentaire) pour le soin des chats adultes. Le Committee on Animal Nutrition, dans un compte-rendu à la Chambre d'Agriculture sous la responsabilité de l'US National Research Council (NRC), a développé des critères nutritionnels pour au moins 15 espèces. Historiquement, l'AAFCO a utilisé les recommandations faites par la NRC, mais en 1993 elle a commencé à publier ses propres exigences nutritionnelles élargies, qui sont maintenant largement reconnues comme la norme nutritionnelle requise pour l'alimentation animale.
Les résultats de l'étude de Gray et al. sont listés dans
le Tableau 1.
Table 1: Teneur nutritionnelle de deux alimentations végétaliennes pour chats
Substances nutritives
Alimentation A
Alimentation B
Besoins nutritionnels recommandés par l'AAFCO
Protéines
29.29 %
25.40 %
26 %
Graisses crues
9.17 %
15.33 %
9 %
Tryptophane
0.35 %
0.29 %
0.16 %
Méthionine
0.47 %
0.33 %
0.62 %
Thréonine
0.90 %
0.84 %
0.73 %
Valine
1.16 %
1.02 %
0.62 %
Isoleucine
1.03 %
0.91 %
0.52 %
Leucine
1.80 %
1.53 %
1.25 %
Phenylalanine
1.33 %
1.09 %
0.42 %
Lysine,total
0.71 %
1.20 %
0.83 %
Histidine
0.52 %
0.47 %
0.31 %
Arginine
0.95 %
1.49 %
1.04 %
Taurine
0.02 %
<0.04 %
0.10 %
Acide linoléique
1.55 %
3.72 %
0.50 %
Acide arachidonique
<0.01 %
<0.02 %
0.02 %
Calcium
0.80 %
0.06 %
0.60 %
Phosphore
0.54 %
0.28 %
0.50 %
Sélénium
7 ppm
0.48 ppm
0.1 ppm
Niacine
75.07 mg/kg
39.97 mg/kg
60 mg/kg
Rétinol (Vit A)
618631 IU/kg
<1599 IU/kg
5000 IU/kg
Pyroxidine
3.28 mg/kg
2.91 mg/kg
4 mg/kg
Cobalamine
0.31 mg/kg
0.02 mg/kg
0.02 mg/kg
Toutes les valeurs sont représentées en proportions de matière sèche (MS).
Alors que les deux marques affichait un contenu nutritionnel complet sur leurs étiquettes, comme le Tableau 1 en démontre, elles présentaient toutes deux des carences dans la composition d'acides aminés sélectionnés, d'oligo-éléments, de vitamines, et d'acide arachidonique. L'alimentation B présentait également des carences dans le contenu global en protéines.
Les protéines
L'alimentation B était tout juste carencée à 25,4% alors que l'alimentation B était inadéquate à 29,29%. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 26%. Les auteurs de l'étude suggèrent que les taux (recommendés) par l'AAFCO sont peut être inadéquats (Gray et al., 2004). Bien qu'ils soient incapables de confirmer cette suggestion, les auteurs ont mentionné les taux de protéines de la marque d'alimentation Hill's Pet Nutrition en comparaison: 33,5% de protéines MS pour l'alimentation pour le soin des chats, et 28,3% de protéines MS pour les chats atteints d'insuffisance rénale (Hill's Pet Nutrition, 2003). Des alimentations riches en protéines ont été utilisées ou suggérées pour le contrôle des signes de diabète mellitus (Frank et al., 2001), de l'irritation du côlon (Zoran, 2002), et pour réduire l'obésité (Hannah, 1999). D'un autre côté, des taux excessifs en protéines trouvés dans certaines marques de marques industrielles carnées prédisposent à l'insuffisance rénale chronique. DiBartola et al. (1993) ont fait la démonstration de lésions rénales alarmantes présentes dans 56% (5 sur 9) de chats nourris d'alimentation carnée du commerce contenant 40% de protéines MS pendant deux ans.
Les acide aminés
Les deux marques présentaient toutes deux des carence en taurine; l'alimentation A en contenait 0,02% et l'alimentation B 0,04%. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 0,1%. Les deux marques présentaient des carence en méthionine; l'alimentation en avait 0,47% et l'alimentation B en contenait 0,33%. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 0,62%. L'alimenation A était carencée en lysine et en arginine avec 0,71% et 0,95% respectivement. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 0,83% et de 1,04%.
L'acide arachidonique
Les deux alimentations manquaient également d'acide arachidonique; l'alimentation A contenait moins de 0,01% et l'alimentation B moins de 0,02%. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 0,02%. L'alimentation A utilisait une espèce d'algue, l'Ascophyllum nodosum, comme source d'acide arachidonique. Les carences détectées pourraient être dues à des variations dans la concentration d'acide arachidonique entre les lots d'algues. La lumière disponible et les substances disponibles durant la croissance de l'algue et son âge lors de la récolte peuvent tous affecter la disponibilité en substances nutritives (Peden, 2004).
Les vitamines
L'alimentation B présentait également des carences en plusieurs vitamines B. La niacine n'était pas adéquate avec 39,97mg/kg et la cobalamine était à la limite avec 0,02mg/kg. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 60mg/kg et 0,02mg/kg respectivement. Toutes les deux présentaient des carences en pyroxidine; l'alimentation A contenait 3,28mg/kg et l'alimentation B contenait 2,91mg/kg. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 4 mg/kg. L'alimentation B présentait également des carences en rétinol (vitamine A) avec moins de 1599 IU/kg. Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 5000 IU/kg.
Les minéraux
L'alimentation B présentait des carences en calcium (0,06%) et en phosphore (0,28%). Les besoins recommendés par l'AAFCO étaient de 0,60% et 0,50% respectivement. Le ratio calcium/phosphore Ca:P était de 0,21, comparé à un taux idéal de 1:1 à 2:1. Un faible ratio place les chats à risque d'hyperparathyroïdisme secondaire nutritionnel qui s'accompagne d'une diminution de la densité des os. Il est intéressant de noter que les taux de 7ppm en sélénium dans l'alimentation excédaient largement les besoins recommendés par l'AAFCO de 0,010 ppm. La toxicose de sélénium n'a pas été démontrée chez les chats, bien que des taux supérieurs à 5mg/kg soient toxiques pour beaucoup d'autres espèces (National Research Council, 1986).
La réponse du fabricant: Evolution Diet
En réponse à ces résultats, Eric Weisman, le PDG d'Evolution Diet (2004) a déclaré: “il y a dix mille à vingts mille chiens, chats et furets qui ont vie longue et saine en se nourrissant d'Evolution Diet. ... D'importants refuges pour animaux utilisent nos produits et les défendent. Ces refuges utilisent nos produits car ils constatent des taux de maladie et de mortalité inférieurs lorsque leurs animaux sont confiés à nos produits”.
Étant donné que l'étude de Gray et al. a illustré qu'un échantillon testé d'Evolution Diet ne répondait pas aux Profiles en Substances Nutritives fixés par l'AAFCO pour le soin des chats adultes, une ou plus des possibilités suivantes doit être vraie:
l L'échantillon
testé n'était pas adéquat en termes de nutrition, pourtant la plupart des
échantillons vendus et utilisés sont adéquats. Cela peut être la conséquence
d'une erreur dans le procédé de fabrication avait été commise en usine ou bien
d'une dégradation d'un très vieil échantillon avec le temps. Cependant, il est
très peu probable qu'un très vieil échantillon ait été retenu pour les tests.
l Les
résultats de laboratoire étaient mauvais pour plusieurs substances nutritives
testées. Cependant, étant donné qu'on a eu recourt à un professionnel et
laboratoire accrédités, et que les échantillons ont été testés à l'aveugle pour
éviter les bias, cela semble très peu probable.
l Les profiles en substances nutritives de l'AAFCO pour l'alimentation des chats adultes sont très conservateurs, et, bien que l'alimentation pour animaux Evolution Diet ne réponde pas aux critères de l'AAFCO, elle répond aux besoins nutritionnels réels dans l'alimentation de la grande majorité des chats adultes. Cependant, cela semble également très peu probable. Même si seulement 10% des chats avaient besoin des taux en substances nutritives spécifiés par l'AAFCO, étant donné que “ dix mille à vingts mille chiens, chats et furets qui ont vie longue et saine [se nourrissent] d'Evolution Diet”(Weissman, 2004), il y aurait du avoir au moins plusieurs centaines de chats montrant des signes de carences nutritionnelles suivant une prise à long terme de l'alimentation Evolution Diet. Une population affectée si large aurait très problablement été détectée, or ça n'est pas le cas.
C'est pourquoi, la possibilité la plus probable est que l'échantillon testé n'était pas adéquat en termes de nutrition,- pourtant la plupart des échantillons vendus et utilisés sont adéquats-, et qu'une erreur dans le procédé de fabrication avait été commise en usine.
La réponse du fabricant: Harbinger of a New Age (Les signes avant-coureurs d'une nouvelle ère)
James Peden, d'Harbingers of a New Age (2004), déclare à propos de leur Vegecat KibbleMix:
Dans l'ensemble
“Nous avons été franchement choqués des analyses faites de Vegecat KibbleMix. J'ai parlé du rapport avec notre personnel de mixage et j'ai essayé de comprendre comment une telle situation a pu arriver. Je suis convaincu que ce lot particulier de Vegecat KibbleMix a été fait de façon incorrecte, et j'ai souligné l'importance de faire attention au processus de mixage au personnel et ai exigé qu'ils m'informent immédiatement d'une erreur plutôt que de faire passer un produit mixé incorrectement.
...
Nous allons reformuler nos produits à la lumière de ces faits troublants, et les soumettre à un laboratoir pour analyses.
...
Le fait que nous avons pris soin de tant de chats végétaliens en bonne santé depuis de nombreuses années indique que ce lot particulier était un incident isolé. Mais cela reste très alarmant et nécessite notre attention immédiate.
...
Cela était probablement un cas à part, et ne se reproduira plus...
...
Il est tellement regrettable que Tina [Tina Gray, auteure de l'étude] ait analysé un lot de Vegecat KibbleMix atypique. ...Il n'a probablement affecté que 14 pounds (soit environ 6½ kilos) au total, dans la mesure où c'est la petite quantité que nous faisons par lot à la main!
...
Une chose de plus que nous allons faire bientôt. Nous avons une installation plus grande dans laquelle nous allons déménager pour le mixage, ce qui va nous permettre de conserver nos ingrédients crus et nos produits prémixés mieux isolés et organisés.”
Les protéines
“Une remarque à propos des protéines. Dans nos instructions nous avons précisé que la farine de blé peut être utilisée. Nous allons modifier cela afin que seules la farine complète et la farine de boulanger soient sur les instructions. Cela ajoutera 1% de protéines en plus des résultats finis de Tina, dans la mesure où Tina a utilisé de la farine traditionnelle.”
La taurine et le sélénium
“Nous n'ajoutons même pas de sélénium dans l'élaboration des croquettes. La taurine que nous obtenons est crystaline et et analysée comme pure à 98.5%.
...
[La personne en charge du mixage] a attiré mon attention sur ce qui s'est probablement passé. Il a pris par erreur le container de Vegecat Micro-Mix à la place du Vegecat KibbleMix MACRO. Cette substitution aurait résulté en des taux de sélénium grossièrement élevés et en une absence totale de taurine, puisque seulement le MACRO contient la taurine, et non pas le Vegecat Micro-Mix.
C'est un soulagement pour moi de savoir se qui s'est passé, et pourquoi les résultats sont si mauvais. Je prévois de mettre des codes couleur sur les containers assortis à des codes couleur sur les graphiques au mur.”
Les acides aminés et les vitamines
“Nous dépendons énormément de la levure alimentaire dans l'obtention des vitamines et des acides aminés. Apparemment les Profils en Substances Nutritives que nous avons pour cette matière première sont dans l'erreur. Nous prévoyons donc d'ajouter plus de méthionine, d'ajouter de la lysine, de l'arginine et de la pyroxidine (B6) afin de pallier ces carences. Nous allons ajouter une source préformée d'acide arachidonique, au lieu de dépendre des laminaires pour répondre à ces besoins.
Les taux excessifs de B12 et de vitamine A sont alarmants, et à nouveau j'ai insisté sur l'importance de faire attention au processus de mixage.”
Comme avec Evolution Diet, les trois mêmes possiblités existent pour expliquer à la fois les résultats de l'étude faite par Gray et al. et la grande population de chats en bonne santé qui se nourrissent de Vegecat KibbleMix. Une fois de plus, la possibilité la plus probable est que l'échantillon testé n'était pas adéquat en termes de nutrition, alors que la plupart des échantillons vendus et utilisés sont adéquats, et qu'une erreur dans le procédé de fabrication avait été commise en usine. Cette hypothèse a été confirmée et l'erreur corrigée par la compagnie.
Les étapes décrites afin de rectifier les insuffisances nutritionnelles identifiées par Gray et al. sont rassurantes. Comme avec la nourriture pour chats Evolution Diet, on pourrait apporter les dernières confirmations avec des analyses en laboratoires indépendants répétées. À août 2004 aucun résultat venant en confirmer n'était disponible.
Conclusions
L'étude de Gray et al. illustre de la nécessité d'un bon contrôle de
qualité durant la production, et ce afin de s'assurer que les produits
alimentaires répondent systématiquement aux besoins nutritionnels fixés par des
authorités telles que l'AAFCO, et visés par leur fabricants. Il est tout à fait
vraisemblable que des analyses répétées en laboratoires indépendants faites sur
une gamme de marques commerciales, végétaliennes ou non, démontrent
similairement des carences nutritionnelles, et aussi à la longue des disparités
dans la teneur nutritionnelle.
De telles constatations ne contredisent en rien la capacité des régimes végétaliens ou carnés bien formulés à répondre à tous les besoins nutritionnels des animaux normaux auxquels ils sont destinés; elles témoignent simplement de la nécessité d'un bon contrôle de la qualité durant la fabrication, y compris des analyses régulières en laboratoires indépendants.